Le navet de l’année ?

A propos de Cher John de Lasse Hallström ☆☆☆☆☆

2001, Caroline du Sud. De retour chez lui pour une permission de deux semaines, John, un soldat des Forces spéciales tombe éperdument amoureux de Savannah, une jeune étudiante pleine d’idéaux. Mais leur amour est plombé par l’obligation pour John de passer un an loin de ses bases et de Savannah. Ils décident alors de s’écrire des lettres… Leur amour supportera-t-il cette épreuve ?

Que dire de Cher John, adaptation d’un livre éponyme de Nicholas Sparks ? Ou plutôt que retenir d’un film autant à l’eau de rose ? Cher John abonde dans tellement de clichés (amoureux entre autres) qu’il est difficile d’en retenir un en particulier. Savannah est une jeune femme très généreuse et pleine de bonté. Elle s’attaque à tous les fronts, en faisant construire une maison pour des gens qui ont perdu la leur dans un ouragan, en voulant ouvrir une sorte de ranch pour enfants autistes, etc.… A la différence, John est plutôt mutique et silencieux. C’est un monstre physique qui a l’air d’une bête à côté de la fragile Savannah.

Le problème de Cher John est qu’il est dans une telle surenchère de bons sentiments et de stéréotypes qu’il agace rapidement. Le père de John est une sorte de « Rain Man » qui collectionne des pièces de monnaie mais est incapable de regarder en face les gens pour leur parler, le fils d’un ami de Savannah est autiste mais avec un cœur gros comme ça , etc… Mention spéciale au dialoguiste de cette exquise discussion au clair de lune entre Savannah et John, en pleine drague. Elle : « C’est fou, la lune parait immense tout en bas et de plus en plus petite quand elle monte ». Lui, à court de réponse ou d’imagination, mais, audacieux quand même, ose avancer : « C’est la perspective… ». Là, on est tout prêt d’éclater de rire devant le grotesque de la situation.

Et les scènes s’enchainent ainsi pendant une heure et demi, succession de situations et de dialogues plats qui laissent la salle insensible jusqu’à la scène des retrouvailles où John se met à pleurer, au chevet de son père mourant. Pour la première fois du film, une émotion nait, parce que ces deux là ne se sont jamais vraiment parlé de leur vie et que le père de John (merveilleux Richard Jenkins, l’acteur de The visitor), qui a toujours incapable de communiquer, lui montre enfin qu’il l’aime.

Mais le film retombe encore dans ses bons sentiments et finit par une chute mielleuse et niaise, mais très moralisatrice surtout, ce qui est beaucoup plus gênant… Help, John !….

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