L’imitation du rire (récit d’un naufrage)

A propos de Le mac de Pascal Bourdiaux ☆☆☆☆☆

A Marseille, Ace, un petit caïd, disparait sans laisser de traces. La police croit retrouver sa trace à Paris, mais découvre qu’il s’agit en fait de Gilbert, son frère jumeau, abandonné à la naissance. Les flics organisent alors un coup monté pour obliger Gilbert à se transformer en Ace et infiltrer le milieu. Mais rien ne se passe comme prévu…

Le mac aurait pu, au vu du potentiel de son idée de départ, donner lieu à un bon scénario, porté par une mise en scène énergique et enlevée. Une comédie délirante, drôle, pleine de rebondissements et de coups de théâtre. Tout ce que l’on attendait d’un film comique en somme.

Mais Le mac ne fait pas rire et est même raté. Pas un rire dans la salle pendant une heure et demi. A peine sourit-on parfois devant une remarque grossière ou une attitude grotesque de José Garcia. C’est un peu court…

Ce n’est pas l’investissement de ce dernier qui est à remettre en cause mais la faiblesse du scénario et le côté outrancier, excessif de la mise en scène. Les blagues ne fonctionnent pas, les acteurs en font trop, pas dirigés, perdus, comme livrés à eux-mêmes (pauvre Melki, que l’on aime bien,pourtant). L’ensemble donne une impression de caricatural, de « cliché », dans cette comédie, de la reprise de stéréotypes de la mode des années 70 à la bande originale funk du film et aux accoutrements des personnages (Garcia en tête). On ne rit pas parce que le trait est trop forcé. Les blagues sentent le réchauffé. Les situations, déjà vues mille fois, ne font pas rire non plus, trop attendues. On est dans la surenchère et la reprise de sketches déjà existants. Du coup, l’humour fait « pschitt ».

Et malgré tous nos efforts pour rire, ça bloque. C’est Taxi 4, sauf qu’à la place de Djibril Cissé, on a Sylvain Wiltord. Mais le pompon pour Garcia et Melki est sans doute d’oser nous refaire le coup de l’arnaque et du bluff de la scène finale de La vérité si je mens. Là, c’est vraiment trop… Quant à une comédie française vraiment drôle, on l’attend encore… Pourquoi nous n’arrivons pas à faire des bonnes comédies en France ? Cela reviendrait à comprendre  pourquoi les joueurs de tennis français perdent toujours en demi-finale des grands tournois…

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