A propos de Inglorious basterds de Quentin Tarantino 




En France pendant la seconde guerre mondiale, Shosanna, une adolescente juive, assiste impuissante au massacre de ses parents par des soldats SS. Elle-même parvient à s’en sortir miraculeusement. Mais dans ses yeux ne brille plus que la soif de se venger. Parallèlement, en Europe, les « bâtards » sont une unité délite formée de soldats juifs américains (avec à leur tête, Brad Pitt, alias Aldo Raine) dont la seule et unique mission est de tuer le plus de SS possibles. Version moderne de Les douze salopards. A l’occasion de la projection d’un film de propagande dans un cinéma parisien, projection qui réunit le gratin SS dont Hitler lui-même, Shosanna et notre charmante troupe de mercenaires, aidés par l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark, vont avoir l’occasion de mettre leurs projets à exécution et tuer du Nazi à vau-l’eau…
Inglorious basterds est sans conteste un bon Tarantino, sans doute pas son meilleur, mais dans la lignée quand même de Kill Bill. Une bonne cuvée sans être du calibre de Pulp Fiction ou Jackie Brown. Mais on sent de l’inspiration dans ce Inglorious basterds, de la maîtrise voire du raffinement dans la mise en scène (photographie magnifique de Mélanie Laurent lascive, en robe rouge, posant sur un fond de drapeau SS dans son cinéma à la fin du film).
Découpé en quatre chapitres homogènes, Inglorious basterds est un film sobrement construit et monté. Bien ficelé. Toujours, il y a ce goût chez Tarantino pour les effusions de sang et une certaine violence « trash » voire gore (les « bâtards » découpent en gros plans les scalps de leurs ennemis) qu’il faut voir comme un hommage aux films de genre et rien d’autre. Et comme dans Kill Bill, c’est la vengeance qui est au cœur de Inglorious basterds, anime les motivations de nos mercenaires et de Shosanna. La scène d’ouverture, dans sa langueur, dans sa pesanteur, dans la montée de sa tension (manteau en cuir du soldat SS qui grince), dans le malaise grandissant qui s’instaure chez le fermier (et le spectateur) est un modèle du genre. Où Tarantino nous évite surtout la complaisante et malsaine séance de torture et de découpage d’oreille de Réservoir Dogs. Scène qui avait été très décriée à l’époque.
Non, là, Tarantino ne s’attarde pas ni se délecte de gestes de torture. La famille est fusillée. Point à la ligne. Mais chez Tarantino, il n’y a ni rémission possible ni sentimentalisme ni belle histoire d’amour. C’est noir, de A à Z. Et si les pourris meurent en payant leurs crimes, les gentils ne finissent guère mieux. Pire, ils ne se rencontrent pas.
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