Archive pour la Catégorie 'Documentaire'

L’homme qui fit tomber une dictature avec un spot publicitaire (hymne à la joie)

A propos de No de Pablo Larraín ★★★★☆

Gael Garcia Bernal - No de Pablo Larraín - Borokoff / Blog de critique cinéma

Gael Garcia Bernal

Sans conteste, l’un des meilleurs films et des plus attendus de la semaine, No du jeune réalisateur chilien Pablo Larrain revient sur la vie de René Saavedra (Gael Garcia Bernal), génial publicitaire chilien qui, à la fin des années 1980, créa une campagne révolutionnaire basée sur l’alegria, la joie en espagnol, un argument pour le moins désarçonnant mais qui s’avéra efficace pour voter en masse contre la réélection de Pinochet (1915-2006) et faire chuter le dictateur au référendum de 1988.

Troisième volet d’une trilogie consacrée à la dictature d’Augusto Pinochet, après Tony Manero et Santiago 73, Post Mortem, No s’inspire de faits réels mais aussi plus librement de la pièce, jamais publiée, Référendum de l’écrivain chilien exilé Antonio Skármeta. Le père de Pablo Larraín, ancien opposant de Pinochet, est un sénateur et une figure importante de la droite chilienne tandis que sa mère est une ancienne ministre, ce qui lui avait sans doute donné certaines prédispositions…

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La revanche des abeilles (bzzzzzzz !…)

A propos de Des Abeilles et des Hommes de Markus Imhoof ★★★½☆

Des Abeilles et des Hommes de Markus Imhoof - Borokoff / Blog de critique cinéma

Pour son second documentaire, Markus Imhoof est parti aux quatre coins de l’univers, de la Chine à l’Arizona, des alpages suisses à l’Australie, pour essayer de comprendre pourquoi les abeilles disparaissent inéluctablement dans le monde. Depuis quinze ans en effet, entre 50 et 90% des abeilles ont été éradiquées de la surface de la terre. Sans équivoque, les raisons de leur mort tragique résultent de gestes meurtriers et de l’entière responsabilité de l’Homme. En cause notamment, l’utilisation massive de pesticides et d’antibiotiques pour exterminer les abeilles domestiques, la séparation des ruches, le mélange sans scrupules par l’homme des races d’abeilles, ce qui provoque l’éclosion de fléaux mortels pour elles…

Aux États-Unis, par exemple, le transport des abeilles domestiques, d’un coin à l’autre du pays, et dans un mépris total du respect des familles et de la hiérarchie des colonies d’abeilles, a fait naître toutes sortes de champignons et la propagation d’acariens ou autres virus qui ont décimé des milliers d’abeilles.

Des Abeilles et des Hommes de Markus Imhoof - Borokoff / Blog de critique cinéma

En Chine, dans certaines régions où il n’y a plus aucune abeille, la situation est devenue ubuesque ou tragique, selon le point de vue : là-bas, ce sont les hommes qui jouent désormais le rôle des abeilles en introduisant manuellement du pollen, à l’aide de cotons tiges, dans des milliers de fleurs de pommiers !

Les raisons d’une telle tragédie remontent à l’époque de Mao Zedong (1893-1976), qui  avait fait tuer à l’époque des milliers de moineaux « parce qu’ils volaient l’avoine de habitants », comme le rappelle l’acteur Charles Berling en voix-off. La disparition des moineaux a bien entendu profité à la vermine qui s’est développée dans tout le pays. Mao a alors décidé d’éradiquer cette vermine par les pesticides, ce qui eu pour conséquence indirecte de tuer… toutes les abeilles.

Même phénomène observé en Arizona, où un exploitant américain confie vouloir faire de l’argent au détriment de la survie de toutes abeilles qu’il élève et qui lui rapportent pourtant des millions de dollars, mais qu’il tue sans vergogne à coups de pesticides et de transports inconsidérés en camion dans tout le pays. « Industrialisation oblige », tente d’expliquer cet homme d’affaires peu respectueux de l’écologie, comme pour mieux se justifier…

Partout en tout cas, le même phénomène s’observe : les abeilles meurent et on n’y peut rien. Mais là où le documentaire est surprenant, au-delà de ces superbes images, de tous ces gros plans, travellings et autres points de vues imprenables et panoramiques, c’est dans sa chute et sa conclusion optimistes. Car depuis quelques années en effet, on a en effet observé une sorte de rébellion ou plutôt de revanche des abeilles comme pour endiguer la fatalité et un destin tragique et arbitraire. Mais on en dit pas plus, pour maintenir le suspense de ce docu-thriller passionnant et réussi, haletant jusqu’au bout !

Film documentaire suisse de Markus Imhoof avec la voix de Charles Berling (01 h 28)

Scénario de Markus Imhoof : ★★★☆☆

Mise en scène : ★★★★☆

Compositions de Peter Scherer : ★★★☆☆

Caméra au poing (de guerre lasse…)

A propos de 5 caméras brisées d’Emad Burnat et Guy Davidi ★★★★☆

5 caméras brisées d'Emad Burnat et Guy Davidi - Borokoff / Blog de critique cinéma

A Bil’in, petit village de 1700 habitants situé en Cisjordanie, Emad, un agriculteur et père de famille, décide un jour de 2008 de prendre une caméra pour filmer l’invasion et l’expropriation dont lui et les siens sont victimes. Depuis cinq ans, les colons juifs de Modiin Illit s’approprient chaque jour illégalement des terres appartenant aux Cisjordaniens pour y construire de nouveaux buildings. Pour chasser les villageois de Bil’in, les soldats israéliens n’hésitent pas à recourir à la force, à la violence, à l’intimidation voire parfois au meurtre de sang-froid…

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Capitale de la douleur (tristesse de l’exil)

A propos d’Ici et là-bas d’Antonio Méndez Esparza ★★½☆☆

Ici et là-bas d'Antonio Méndez Esparza - Borokoff / Blog de critique cinéma

Après avoir vécu plusieurs années à New-York, Pedro, un père de famille mexicain, retourne vivre parmi les siens, dans les montagnes du Guerrero. Pedro aspire à une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses deux filles, en attendant un troisième enfant qui doit naître. Mais bientôt, les difficultés matérielles et financières (ré)apparaissent. Pedro ne trouve pas de travail et malgré les économies qu’il a pu faire aux Etats-Unis, ne parvient plus à subvenir aux besoins de sa famille. Bientôt, un de ses souhaits les plus chers de constituer un groupe de musique (les Copa Kings) s’envole, remplacé par une réalité beaucoup plus terre-à-terre. Le constat à la fois amer et douloureux (mais lucide) qu’il va devoir encore « abandonner » les siens. Et (leur faire) revivre une cruelle et douloureuse séparation…

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Fable pleine d’espoir pour l’Afrique (ode à la vie)

A propos d’Aujourd’hui d’Alain Gomis ★★★☆☆

Saul Williams - Aujourd'hui d'Alain Gomis - Borokoff / Blog de critique cinéma

Saul Williams

A Dakar (Sénégal), Satché se réveille un matin en apprenant qu’il va vivre sa dernière journée sur terre. Autour de lui, les gens pleurent ou rient mais le regardent (presque tous) avec bienveillance. Tout le monde est venu fêter ou simplement saluer celui qui a été « choisi », élu par les Dieux pour mourir. Cette dernière journée sur terre, Satché va la passer à déambuler, tantôt hagard tantôt halluciné dans Dakar, en disant une dernière fois « au revoir » à ceux qu’il a aimés et qui ont compté pour lui. En un mot, ceux qui ont marqué sa vie…

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