(Auto)-portrait d’un cinéaste en pleine crise (pochade coréenne minimaliste)

A propos de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) de Hong Sang-Soo ★★★☆☆

The Day he arrives (matins calmes à Séoul) de Hong Sang-Soo - Borokoff / Blog de critique cinéma

A Séoul, Seungjun, un réalisateur exilé en province et devenu professeur à la faculté depuis qu’il a arrêté de tourner, revient passer quelques jours sur Séoul. Il y retrouve son ami Yungho et une ancienne maîtresse. Mais son passage dans la capitale coréenne est prétexte à des rencontres, des discussions avec des femmes ou des gens du cinéma qui le font beaucoup réfléchir sur lui-même. Des élucubrations qui font que bientôt, la flânerie de Seungjun se transforme en profonde remise en question sur fond de vague à l’âme…

Du très prolifique Hong Sang-Soo – cinq longs-métrages en quatre ans sans compter le prochain In another country présenté au festival de Cannes 2012 et avec Isabelle Huppert en tête d’affiche – on dit à tort qu’il est redondant.

C’est à coup sûr vouloir limiter son talent. Car l’élégance de la mise en scène, la finesse des dialogues de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) valent à elles seules le détour.

Portrait de groupe, d’une génération de trentenaires bien sonnés dont un cinéaste en pleine crise, The Day he arrives (matins calmes à Séoul) consiste davantage en des variations sur l’amour qu’en un exercice purement formel ou répétitif de mise en scène comme on l’a lu ici ou là.

The Day he arrives (matins calmes à Séoul) est pourtant construit sur un canevas et un trio amoureux qui rappellent ceux de Woman on the beach (2008).

The Day he arrives (matins calmes à Séoul) de Hong Sang-Soo - Borokoff / Blog de critique cinéma

Mais en apparence. Car le héros de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) n’est pas cette fois pas attiré par l’amie de son ami, en l’occurrence Yungho. Il ne cherche d’ailleurs à aucun moment à la séduire.

C’est au contraire un cinéaste déprimé. Lors de sa première soirée dans la capitale de Corée du Sud, il se soûle avec des étudiants en cinéma qu’il quitte brusquement après leur avoir hurlé dessus sans raison. Plus tard dans la soirée, il rejoint le domicile d’une ancienne maîtresse dans les bras de laquelle il tombe en larmes… Drôle d’entrée en matière.

De ce beau film en noir et blanc, on retiendra sa mise en scène très épurée, avec très peu de mouvement de caméras. Tout en jeu de focales, The Day he arrives (matins calmes à Séoul) privilégie les débats autour d’une table dans un café, les zooms et les dézooms sur les visages, technique héritée de la photographie et mise à l’honneur par Kubrick, dans Bary Lindon (1975) notamment.

Mais ce n’est pas là le seul attrait de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) qui évoque par endroits Woody Allen et sa théorie du hasard de l’existence et des rencontres amoureuses. La force du film est aussi de maintenir le spectateur dans l’ambiguïté de son héros, dont l’attitude vis-à-vis des femmes laisse dubitatif. Héros ou salaud ? Romantique ou cynique ? Victime ou bourreau des cœurs ?

Le scénario léger de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) consiste en une trame légère. Comme Woody Allen, Hong Sang-Soo semble avoir pris à son compte le credo de La Nouvelle Vague de vouloir faire un film par an.

L’humour des dialogues exquis de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) donne lieu à une scène inénarrable dans laquelle un ancien acteur de Seugnjun qu’il a retrouvé, formule devant l’amie de Yungho sa technique infaillible pour séduire une femme qui consiste à lui dire qu’elle possède en son for intérieur des traits de caractère opposés à ceux qu’elle pense laisser paraitre !

Si ce quasi sketch est un des sommets du film, il n’en fait pas moins oublier que The Day he arrives (mati)ns calmes à Séoul) est avant tout un (auto?)portrait de cinéaste en plein doute sur son talent et son inspiration, sa capacité à retrouver de l’énergie pour faire un film. Teinté de nostalgie, The Day he arrives (matins calmes à Séoul) prend une tournure pour le moins étonnante à la fin du film, où en même temps qu’il fait son auto-critique et reçoit en pleine face les critiques de son ancien acteur qui lui reproche son égoïsme voire son égocentrisme, Seungjun devient soudain étrangement absent devant l’objectif d’une groupie. Comme submergé par la mélancolie…

Film coréen (du Sud) de Hong Sang-soo avec Yu Junsang, Kim Sangsoo, Song Sunmi, Kim Bokyung (01 h 19).

Scénario de Hong Sang-Soo : ★★★☆☆

Mise en scène : ★★★☆☆

Acteurs : ★★★★☆

Dialogues : ★★★☆☆

Compositions de Jeong Yon-jin : ★★★☆☆

Samouraï en roue libre

A propos de Saya Zamuraï de Hitoshi Matsumoto ★★★☆☆

Takaaki Nomi - Saya Zamuraï de Hitoshi Matsumoto - Borokoff / Blog de critique cinéma

Takaaki Nomi

Dans le Japon féodal, Kanjuro Nomi est un samouraï sans sabre et qui erre avec sa fille. Poursuivi par des chasseurs de prime farfelus (un pistolero efféminé, un étrangleur qui ne « comprend jamais rien » et une joueuse de shamisen qui a « maquillé » son sabre en instrument), il est finalement capturé par les hommes de main d’un seigneur aux désirs excentriques et qui donne à Kanjuro trente jours pour redonner le sourire à son fils, malheureux comme les pierres depuis la mort de sa mère, emportée par une épidémie. Si le fils du seigneur n’a pas souri au 30ème jour, Kanjuro devra se suicider par « seppuku », c’est-à-dire en s’éventrant publiquement avec un sabre selon la tradition des samouraïs. Kanjuro invente alors chaque jour des pitreries de plus en plus énormes pour faire rire le prince. Mais sans succès…

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Ciel, mon DVD de la semaine !

Les crimes de Snowtown de Justin Kurzel ★★★☆☆

Lucas Pittaway, Daniel Henshall - Les crimes de Snowtown de Justin Kurzel - Borokoff / Blog de critique cinéma

Lucas Pittaway, Daniel Henshall

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Le sacrifice (sombre mémoire de la Stasi)

A propos de Barbara de Christian Petzold ★★★½☆

Nina Hoss - Barbara de Christian Petzold - Borokoff / Blog de critique cinéma

Nina Hoss

Eté 1980. Alors qu’elle habite à Berlin-Est et que la Stasi la soupçonne de vouloir passer à l’Ouest, Barbara, une chirurgienne-pédiatre, est mutée dans une ville paumée de la province allemande située en bord de mer. Introvertie voire renfermée, Barbara rencontre André, le médecin-chef de l’hôpital qui très vite tente de la séduire. Mais Barbara cherche à tout prix à s’isoler. Méfiante, elle se demande si André est chargé par les autorités allemandes de la surveiller ou s’il est réellement attiré par elle. De toute façon, n’est-elle pas déjà amoureuse de Jörg, qui doit l’aider à passer à l’Ouest ?…

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Portrait nuancé de Wall Street en pleine crise (au bord du pugilat ?)

A propos de Margin Call de J.C. Chandor ★★★★☆

Kevin Spacey - Margin Call de J.C. Chandor - Borokoff / Blog de critique cinéma

Kevin Spacey

New-York, 2008. A Wall Street, au siège d’une grande banque d’investissement, Eric Dale (inénarrable Stanley Tucci), un analyste financier en poste depuis 22 ans, est brusquement débarqué comme les trois quarts de son étage par une DRH aussi expéditive que zélée. Mais avant de partir, Dale a tout juste le temps de confier à Peter Sullivan, un jeune trader, une clé USB dans laquelle il a calculé que le crash de la banque était imminent. Après vérification, Sullivan s’aperçoit que les calculs de Dale sont exacts. Tous les grands patrons de la Banque sont alors convoqués d’urgence en pleine nuit. Mais Dale reste introuvable, lui à qui on a coupé la ligne de son téléphone professionnel et que personne ne voulait écouter…

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