A propos de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) de Hong Sang-Soo 





A Séoul, Seungjun, un réalisateur exilé en province et devenu professeur à la faculté depuis qu’il a arrêté de tourner, revient passer quelques jours sur Séoul. Il y retrouve son ami Yungho et une ancienne maîtresse. Mais son passage dans la capitale coréenne est prétexte à des rencontres, des discussions avec des femmes ou des gens du cinéma qui le font beaucoup réfléchir sur lui-même. Des élucubrations qui font que bientôt, la flânerie de Seungjun se transforme en profonde remise en question sur fond de vague à l’âme…
Du très prolifique Hong Sang-Soo – cinq longs-métrages en quatre ans sans compter le prochain In another country présenté au festival de Cannes 2012 et avec Isabelle Huppert en tête d’affiche – on dit à tort qu’il est redondant.
C’est à coup sûr vouloir limiter son talent. Car l’élégance de la mise en scène, la finesse des dialogues de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) valent à elles seules le détour.
Portrait de groupe, d’une génération de trentenaires bien sonnés dont un cinéaste en pleine crise, The Day he arrives (matins calmes à Séoul) consiste davantage en des variations sur l’amour qu’en un exercice purement formel ou répétitif de mise en scène comme on l’a lu ici ou là.
The Day he arrives (matins calmes à Séoul) est pourtant construit sur un canevas et un trio amoureux qui rappellent ceux de Woman on the beach (2008).

Mais en apparence. Car le héros de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) n’est pas cette fois pas attiré par l’amie de son ami, en l’occurrence Yungho. Il ne cherche d’ailleurs à aucun moment à la séduire.
C’est au contraire un cinéaste déprimé. Lors de sa première soirée dans la capitale de Corée du Sud, il se soûle avec des étudiants en cinéma qu’il quitte brusquement après leur avoir hurlé dessus sans raison. Plus tard dans la soirée, il rejoint le domicile d’une ancienne maîtresse dans les bras de laquelle il tombe en larmes… Drôle d’entrée en matière.
De ce beau film en noir et blanc, on retiendra sa mise en scène très épurée, avec très peu de mouvement de caméras. Tout en jeu de focales, The Day he arrives (matins calmes à Séoul) privilégie les débats autour d’une table dans un café, les zooms et les dézooms sur les visages, technique héritée de la photographie et mise à l’honneur par Kubrick, dans Bary Lindon (1975) notamment.
Mais ce n’est pas là le seul attrait de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) qui évoque par endroits Woody Allen et sa théorie du hasard de l’existence et des rencontres amoureuses. La force du film est aussi de maintenir le spectateur dans l’ambiguïté de son héros, dont l’attitude vis-à-vis des femmes laisse dubitatif. Héros ou salaud ? Romantique ou cynique ? Victime ou bourreau des cœurs ?
Le scénario léger de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) consiste en une trame légère. Comme Woody Allen, Hong Sang-Soo semble avoir pris à son compte le credo de La Nouvelle Vague de vouloir faire un film par an.
L’humour des dialogues exquis de The Day he arrives (matins calmes à Séoul) donne lieu à une scène inénarrable dans laquelle un ancien acteur de Seugnjun qu’il a retrouvé, formule devant l’amie de Yungho sa technique infaillible pour séduire une femme qui consiste à lui dire qu’elle possède en son for intérieur des traits de caractère opposés à ceux qu’elle pense laisser paraitre !
Si ce quasi sketch est un des sommets du film, il n’en fait pas moins oublier que The Day he arrives (mati)ns calmes à Séoul) est avant tout un (auto?)portrait de cinéaste en plein doute sur son talent et son inspiration, sa capacité à retrouver de l’énergie pour faire un film. Teinté de nostalgie, The Day he arrives (matins calmes à Séoul) prend une tournure pour le moins étonnante à la fin du film, où en même temps qu’il fait son auto-critique et reçoit en pleine face les critiques de son ancien acteur qui lui reproche son égoïsme voire son égocentrisme, Seungjun devient soudain étrangement absent devant l’objectif d’une groupie. Comme submergé par la mélancolie…
Film coréen (du Sud) de Hong Sang-soo avec Yu Junsang, Kim Sangsoo, Song Sunmi, Kim Bokyung (01 h 19).
Scénario de Hong Sang-Soo : 




Mise en scène : 




Acteurs : 




Dialogues : 




Compositions de Jeong Yon-jin : ![]()












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